Le Porche

Porche en danger La Porte Saint-Sauveur, dite le Porche
Le Porche témoigne du passé de la ville de Bellême et de son importance stratégique très ancienne. Ce Porche érigé dès le XIe siècle, est un élément d’ architecture militaire médiévale. Il rappelle  à la population de la ville et à ses visiteurs l’héritage historique de Bellême. Afin de laisser ouverte cette page d’histoire,  nous devons agir maintenant, pour conserver l’intégrité de ce monument exceptionnel.

Le porche dans son contexte urbain
Bellême - cité médiévaleAncien porche de Bellême, la porte Saint-Sauveur est un élément constituant de l’ensemble fortifié de la ville. Érigées dès le XIe siècle, les fortifications servaient initialement à défendre les lieux et faisaient de Bellême une véritable place forte. Mais le commerce remplaça peu à peu la guerre. Au Moyen-âge, la seigneurie de Bellême s’étendait en effet sur un territoire très étendu dans toute la Normandie, traversé de larges vallées qui constituaient autant d’axes de communication entre la Normandie et les pays de la vallée de la Loire. Durant des siècles, il y eut ainsi un passage constant de voyageurs et de marchandises qui généra un essor économique considérable. Pendant la Guerre de Cent ans  la tour sud du Porche devint maison de dépôt du sel avec deux magasins à sel au-dessus.
La structure médiévale de Bellême, avec ses remparts, ses tracés viaires, ses escarpes et contrescarpes, est encore facilement lisible dans la vielle ville. Cela renforce l’intérêt historique de la Porte Saint-Sauveur, aujourd’hui appelée Porche, qui subsiste presque entièrement, avec continuité de remparts depuis la Tour de l’Horloge jusqu’à la Place du Château.

Le grenier à sel
Porche de Bellême grenier à sel
Bellême apparait dans la nomenclature des greniers à sel normands dès 1390. « Il y a dans le Perche trois greniers-à-sel et ils sont tous trois de vente volontaire… celui de Bellême produit au Roi 59 976 livres par an et 19 990 livres de regrat», d’après l’Abbé Expilly. Au XVIe siècle, la réorganisation du dispositif des gabelles, impôts royaux sur le sel, entraine l’aménagement de l’ancienne salle des gardes en grenier fortifié. Outre le stockage du sel, il fallait protéger celui-ci de la convoitise populaire. À Bellême, ce grenier a été installé dans la Porte Saint-Sauveur elle-même, en étage pour le stockage, en rez-de-chaussée pour la vente.

Le projet de pérennisation du Porche
Pierres du grenier à sel
L’objectif des amis du Porche est la préservation à long terme d’un lieu où le sel a été entreposé pendant des siècles. Pour cela la désalinisation doit être entreprise pour préserver l’intégrité de l’ensemble du monument. Si le sel poursuit son œuvre de cristallisation naturelle à l’intérieur de la pierre, il provoque à la longue des effritements en surface et le long des joints jusqu’à réduction en poudre des pierres. Si nous laissons le sel poursuivre sa destruction, ce passage public, qui est l’identité même de Bellême, devrait être interdit pour cause de sécurité.

Première phase, la désalinisation du Porche sera réalisée sur l’ensemble de la travée sud de la Porte Saint-Sauveur, où se trouvait le grenier à sel. Rappelons qu’elle est la condition incontournable de toute restauration. Un diagnostic précis de l’état de salinité de chaque mur résultera de sondages. Ensuite la pose de compresses spéciales permettra d’absorber le sel. En fonction de l’état des murs, il faudra appliquer plus ou moins de compresses pour parvenir au résultat.

Porche gros oeuvreLa deuxième phase concerne la restauration du Porche. Le gros-œuvre implique un investissement supérieur à 1,2 millions d’euros HT. C’est un montant démesuré pour un bourg comme Bellême, même en tenant compte des subventions potentielles, et sans préjuger des projets complémentaires qui seront nécessaires ultérieurement pour redonner vie à cet ensemble unique en Normandie. Aussi, dans un premier temps, seule la restauration de la travée sud sera entreprise, en trois tranches, pour un montant total de 500 000 euros : la salle du pilier et la travée du Porche correspondante,  la travée centrale de la herse et des escaliers-coursives,  la travée de la tour du grenier à sel. Chacune de ces tranches de travaux comprendra la restauration et le changement des moellons en parement, la reprise des fissures, des injections dans la maçonnerie après désalinisation, et une reprise en pierres de taille avec un changement des blocs usés par le sel. Ces tranches devront être réalisées à la suite les unes des autres afin d’éviter, absolument, que les parties malades ne contaminent les parties saines.

Un partenariat pour mener un projet ambitieux
Tous ces travaux, qui s’étaleront dans le temps, furent initiés dès 2011 par l’association Bellême Patrimoine. Toutefois, le Porche est la propriété de la ville de Bellême. Maître d’ouvrage de la restauration, la mairie a lancé en 2012, en accord avec l’Architecte des Bâtiments de France, une étude préalable à la restauration du Porche. Cette étude  a conduit la mairie à engager les travaux de restauration.
Le financement de la restauration du Porche est soutenu par un groupe volontaire de mécènes, ainsi que par la Fondation du patrimoine. Même si la DRAC de Normandie et le Conseil départemental de l’Orne sont sollicités
pour aider la Ville de Bellême à financer  ce vaste projet d’1,5 million d’euros, un appel aux dons est nécessaire auprès des particuliers (dons déductibles sur l’impôt sur le revenu ou l’ISF) et auprès des entreprises (dons déductibles sur l’impôt sur les sociétés) .